Record de vente de peaux de visons !
Chaque année, à raison de cinq ventes aux enchères annuelles, les acheteurs de fourrure du monde entier se retrouvent au Kopenhagen Fur au Danemark.
Cette coopérative, qui réunit 2 000 fermes d’élevages danoises, est également la maison de vente aux enchères la plus importante de la planète en matière de fourrure. La majorité des peaux vendues sont des peaux de visons, mais on y trouve aussi du phoque, du renard, du chinchilla… Le marché du vison s’élève à 50 millions de peaux par an. Plus de 70 % des peaux mises aux enchères lors de ces rendez-vous proviennent du Danemark, premier producteur et exportateur mondial. La Norvège, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, la Pologne, la Russie, la Chine et les USA sont aussi de grands producteurs.
Dans une moindre mesure, n’oublions pas la France qui compte près de 20 élevages de visons ! Et lorsque l’on voit le cas de la ferme d’Emagny, dans le Doubs, où 10 000 visons « vivent » dans un élevage autorisé à recevoir 1 000 bêtes (plainte en cours), ça fait froid dans le dos et l’on est bien loin de l’image propre, luxueuse, écologique que les acteurs du marché de la fourrure font véhiculer.
Cette année et malgré la crise, les ventes de visons ont atteint de tristes records : 200 millions d’euros en quatre jours soit quelque 4 millions de peaux de visons ! Le phénomène est global, mais l’émergence de la Chine est certainement un facteur déterminant puisque la moitié des acheteurs était Chinois. La Kopenhagen Fur investit avec succès le marché chinois, multiplie les accords commerciaux, organise des shows, se félicite de l’ouverture en janvier 2010 de la première boutique à Shanghai certifi ée par ses services, organise une fête avec ses clients pour célébrer l’année du tigre, et vient dernièrement d’inaugurer à Pékin un nouveau centre de design, le « Tsinghua Kopenhagen Studio»
Propagande habile pour faire oublier les millions de sacrifiés
Kopenhagen Fur développe une stratégie de séduction en ne lésinant pas sur les moyens. La coopérative n’est pas seulement une maison de vente aux enchères internationale, c’est également un studio où étudiants et designers (Ungaro, Gucci, Vuitton pour n’en citer que quelques-uns), sont régulièrement invités. Une belle propagande qui, en faisant passer la fourrure pour une matière première comme les autres, fait l’impasse sur les souffrances des 50 millions d’animaux sacrifi és chaque année dans des conditions atroces.
