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Campagne Fourrure 2012 : La fourrure tue, la fourrure pollue

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La campagne 2012 contre la fourrure de la Fondation Brigitte Bardot

La Fondation Brigitte Bardot dénonce depuis des décennies les conditions de vie atroces imposées aux animaux dans les élevages industriels. À la veille de sa nouvelle campagne fourrure, un point sur la situation.

Soyez vigilants

Contrairement aux idées reçues, la plupart des fourrures ne finissent pas en manteaux ! Conscients de l’image négative véhiculée par ce type de vêtements, l’industrie de la fourrure redouble d’imagination pour écouler sa marchandise de mort : aujourd’hui, 90% de la production sert à la confection de cols, de revers et d’accessoires ! Refuser de porter de la fourrure, c’est donc également faire attention à ne pas acheter doudounes, toques et accessoires partiellement réalisés avec de la fourrure sous prétexte qu’il n’y enaurait «qu’un peu»

Les chiffres de la honte

50 millions d’animaux sont tués chaque année dans le monde uniquement pour leur fourrure.

Avec 6 000 fermes d’élevage, l’Union européenne représente 70 % de la production mondiale de fourrures de vison et 63 % de la production de fourrures de renard.

Plus de 12 millions de visons sont tués chaque année au Danemark, 2 millions en Finlande, ainsi que 2 millions de renards.

En 2008, le secteur de la fourrure dans son ensemble a généré le chiffre d’affaires hallucinant de 4 700 milliards d’euros. Un chiffre qui progresse de plus de 10 % par an…

Un terrible gâchis

Si, dans des temps très reculés, la fourrure a pu fournir l’essentiel de la garde-robe des hommes, il y a fort longtemps que nos ancêtres ont mis au point des textiles moins coûteux et plus efficaces. Au XXIe siècle, son seul argument de vente est d’une grande futilité: la mode. Le lobby de la fourrure aime présenter la fourrure d’élevage comme une alternative écologique à la chasse et au piégeage. Rien ne semble pourtant moins écologique que l’élevage des animaux à fourrure quand on s’attarde un peu sur la réalité. L’industrie de la fourrure génère de graves pollutions ainsi qu’un incroyable gaspillage de ressources qui trouveraient ailleurs de meilleurs usages. L’élevage des visons, renards et autres carnivores nécessite une alimentation riche en protéines animales, les plus coûteuses en énergie à produire. Ces mêmes élevages déversent ensuite un lisier riche en phosphore, qui, s’il n’est pas traité – c’est-à-dire dans l’immense majorité des cas – pollue les cours d’eau et les nappes phréatiques. Un vison produit environ 90 kilogrammes de lisier par an. Il faut 80 peaux de vison pour fabriquer un manteau long. Sachant que les visons sont abattus à l’âge de six mois, cela donne environ 3 600 kg de lisier, dont 6 kg de phosphore toxique, pour un seul manteau…

Élevage, où en est-on ?

L’Autriche et la Grande-Bretagne ont déjà interdit l’élevage des animaux à fourrure (tout comme la Suisse, qui n’est pas membre de l’UE). Un chemin que semblent prendre la Suède et les Pays-Bas en réduisant peu à peu le nombre d’élevages sur leurs territoires et en imposant des réglementations de plus en plus contraignantes. Quatre länder allemands et la Norvège, qui n’appartient pas à l’UE, durcissent également leur législation. En Norvège et en Suède, de récents documentaires montrent que les élevages ne respectent pas ces nouvelles normes?: cages surpeuplées, animaux mutilés, cadavres abandonnés.

Dans la quarantaine de fermes françaises, la situation n’est pas meilleure, les rares lois existantes n’étant souvent pas appliquées et les contrôles insuffisants (cf. l’article consacré à l’élevage du Doubs). Quant au Danemark et à la Finlande, leur production de vison et de renard suffit à faire de l’Union européenne le premier producteur mondial de fourrure, soit 70 % de la production mondiale de vison et 63 % de la production mondiale de renard. Autant dire que les changements ne viendront pas de ces pays-là…

Les victimes

Avec plus de 23 millions de victimes par an, le vison d’Amérique est le plus recherché pour sa fourrure, suivi par le renard polaire, à plus de 4 millions. La liste des sacrifiés n’a pour limite que l’imagination des fourreurs. On y trouve, entre autres : le loup, le lynx, le coyote, le raton laveur, le chinchilla, mais aussi des animaux domestiques comme le chien ou le chat, dont la Chine s’est fait une triste spécialité.

Une pollution massive

En Nouvelle-écosse, première province canadienne pour l’élevage de visons avec 80 fermes, les habitants du comté de Yarmouth se plaignent de l’invasion de leurs lacs par l’algue bleue, également connue sous le nom de cyanophycée, une plante microscopique toxique qui se développe dans les eaux riches en phosphore et en nitrogène. Selon la presse locale, ce serait au total une centaine de kilomètres de rivières et de lacs que les éleveurs utiliseraient comme «toilettes» de leurs fermes. Une pollution considérée comme suffisamment grave pour déplacer un camp de vacances pour enfants… mais pas pour faire passer de 100 à 150 mètres la distance réglementaire séparant les fermes des cours d’eau, comme le réclament les riverains. L’élimination des cadavres dépouillés de leurs fourrures est un autre gigantesque gâchis : des centaines de milliers de tonnes de viande inutilisable sont ainsi incinérées chaque année, générant de nouvelles pollutions, comme les dioxines. Viennent ensuite les procédés extrêmement toxiques utilisés lors du tannage des peaux à base de chrome, d’acides et de chaux, incluant souvent des métaux lourds ou du cyanure. De l’élevage à la confection, la fourrure affiche logiquement un bilan énergétique catastrophique : une étude publiée en 2004 par l’entreprise américaine Ford Motor démontrait que la production d’un manteau en fourrure dite «naturelle» consommait 66 fois plus d’énergie que celle d’un manteau en fourrure synthétique, un matériau pourtant issu de l’industrie pétrolière…

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Couverture de l’info Journal numéro 82 paru début octobre 2012

Pour ne pas se rendre complice de ces pratiques barbares, nous incitons le public à ne pas porter, acheter ou offrir de fourrure.

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