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La chasse aux phoques : pour Brigitte Bardot un combat qui ne cessera qu’avec l’interdiction définitive de cette pratique barbare.

En 1977, Brigitte Bardot déclenche une vaste campagne médiatique en partant sur les glaces polaires du Canada, à Blanc-Sablon, afin d’y dénoncer le massacre des blanchons organisé pour leur fourrure. Son périple va durer cinq jours sous une pression médiatique inouïe. À son retour en France, elle réussira à faire voter l’interdiction du commerce de produits dérivés de la chasse sur les phoques ayant moins de quatre semaines, grâce notamment au soutien du président de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.

On se souvient de l’impact énorme de cette campagne qui fit le tour du monde et alerta le public de l’horreur des méthodes employées pour abattre des animaux pacifiques, bien incapables de fuir devant leur bourreau. Aujourd’hui les blanchons, c’est à dire les plus jeunes n’ayant pas atteint l’âge de 12 jours, ne sont plus chassés. Cependant, les phoques plus agés sont toujours chassés et après une accalmie d’une quinzaine d’année les chiffres sont particulièrement choquants. En 2008, le quota de chasse fixé par le canada atteignait 275 000 phoques soit 100 000 de plus qu’à l’époque où Brigitte Bardot s’était rendue sur la banquise !

Un massacre indéniable
Rappelons-le, cette chasse est particulièrement cruelle. Les phoques sont assommés à grands coups de gourdin, puis dépecés sur place, parfois encore conscients, sous les yeux d’autres jeunes, qui seront massacrés de la même façon quelques instants plus tard, devant les mères impuissantes qui restent parfois plusieurs jours auprès du corps ensanglanté, dépouillé de sa fourrure et laissé sur la glace… nous avons même vu certaines tentant de réchauffer le cadavre de leur petit et de l’allaiter encore…

Faux débat
Pour tenter de justifier l’injustifiable, les pêcheurs prétendent que les phoques menacent les stocks de poissons de l’Atlantique alors que ces derniers sont victimes des flottes industrielles qui ratissent, méthodiquement et systématiquement, les mers et océans ! D’ailleurs, l’Ambassade du Canada à Paris reconnaît qu’il s’agit là d’un faux débat puisqu’elle précise que les facteurs responsables de la baisse des stocks de morue sont la pêche, la mauvaise condition physique des poissons, leur taux de croissance peu élevé et les changements environnementaux. L’Ambassade indique même que : « Les phoques mangent de la morue, mais ils mangent aussi d’autres poissons qui, eux, se nourrissent également de morue ».

Le Canada jugé coupable par la cour internationale des droits de l’animal.
Le 5 décembre 2005, la Fondation était entendue lors du procès intenté par la Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal à l’encontre du Canada. Ils remettront une pétition de plus de 200 000 signatures incluant anonymes et personnalités du monde entier.

Après avoir entendu les différents témoins et l’avocat de la défense, le jury de la Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal a rendu son verdict : les autorités canadiennes sont coupables de tous les faits qui leur sont reprochés. En conséquence de quoi, la Cour demande au Gouvernement canadien d’arrêter immédiatement cette chasse immorale et déshonorante, elle demande aussi à l’Union européenne de décréter un arrêt d’importation de tous les produits provenant de la chasse aux phoques. Ce jour là, la cour appelle même au boycott des produits du Canada. Malgré l’ampleur des retombées médiatiques, ce jugement n’en reste pas moins symbolique et n’a aucune force de loi. C’est pourquoi le massacre continue !

Le réchauffement climatique menace les populations de phoques
Plusieurs études le prouvent, le réchauffement climatique notamment au large des côtes de Terre Neuve fait obstruction à la formation d’une glace stable permettant aux femelles de mettre bas. Ce phénomène entrainerait la mort des 3/4 des bébés phoques.

Par conséquent, il n’est pas question d’ajouter à ce problème climatique, le massacre des centaines de milliers de bébés phoques.

En effet, les 2 effets cumulés mettraient sérieusement en danger les populations.

Il faut donc arrêter la chasse aux phoques non seulement pour des questions d’éthiques, de respect de la vie animale mais aussi pour une question de préservation de l’environnement et de la faune.

Plus de 30 ans après son premier déplacement, Brigitte Bardot se rend à Ottawa le 22 mars 2006 pour parler au Canadiens.
Elle comptait rencontrer le nouveau 1er Ministre Canadien afin de le persuader d’instaurer un moratoire pour arrêter ce massacre. Mais ce dernier n’a pas souhaité recevoir Brigitte Bardot.

Néanmoins, Brigitte Bardot a tenu une conférence de presse en présence de beaucoup de médias canadiens qui s’est très bien déroulée. Présent à ses côtés le capitaine Paul Watson de l’association Sea Shepherd que notre Présidente avait rencontré sur la banquise en 1977.

« Il faut évoluer dans la vie », a-t-elle lancé aux journalistes en réprimant ses larmes. « Je vous en supplie. Je vous adresse le message qui sort des tripes et du coeur. Je ne suis plus une jeune fille, je ne reviendrai probablement jamais ici. (…) Avant ma mort, je veux voir cesser ce massacre ».

A l’initiative de la Fondation Brigitte Bardot, la campagne européenne pour l’interdiction des produits de la chasse aux phoques au sein de l’U.E. commence.

En avril 2006, Brigitte Bardot sollicite un rendez-vous avec le Commissaire européen chargé de l’Environnement, M. Stavros Dimas qu’elle obtiendra le 9 juin 2006 afin de lui présenter l’ignominie de la chasse aux phoques et pour que l’Europe ne soit plus complice. Dans le même temps, la Fondation Brigitte Bardot saisit la Commission européenne pour qu’un nouveau règlement soit proposé qui prohibe  » l’importation et le commerce, au sein de l’UE, des produits issus de la chasse aux phoques (peaux, graisse, huile…) « . L’effet ne se fait pas attendre …

Le 15 mai 2006, le Parlement européen répond aux revendications de la FBB en présentant une déclaration écrite qui vise à  » interdire l’importation, l’exportation et la vente de l’ensemble des produits dérivés du phoque harpé et du phoque à capuchon « . Le 15 septembre 2006, le Parlement Européen se prononce contre l’importation et la vente de tous les produits dérivés de la chasse aux phoques avec 425 députés signataires, soit la plus forte majorité obtenue pour toutes les propositions adoptées en 2006!

Le 21 juillet 2008, Nicolas Sarkozy qui assure la présidence française de l’Union Européenne révèle dans son courrier sa volonté de privilégier une solution communautaire en vue de fermer définitivement les frontières des 27 pays membres de l’UE à ce commerce. Le Président de la République entend ainsi adopter une décision « incomparablement plus efficace » pour priver l’industrie de la chasse aux phoques de débouchés et ainsi limiter le carnage.

Le 23 juillet 2008, le commissaire Euopéen Stravos Dimas, chargé de l’environnement, présentait sa proposition de règlement européen sur les produits dérivés de la chasse aux phoques visant à « interdire la mise sur le marché, l’importation et le transit dans la communauté, ainsi que l’exportation depuis celle-ci, de produits dérivés du phoque ». Malheureusement, l’objectif de ce texte se trouve très affaibli par la dérogation à l’interdiction prévue « lorsque les méthodes de mise à mort et d’écorchage permettent de garantir l’absence de douleur, de détresse et d’autres formes de souffrances inutiles ».

De la théorie à la pratique

Pour les autorités canadiennes, la majorité des phoques capturés est tuée sans cruauté, le règlement sur les mammifères marins stipule que : « Quiconque frappe un phoque à l’aide d’un gourdin ou d’un hakapik doit le frapper sur le front jusqu’à ce que le crâne soit écrasé et vérifier manuellement que tel est le cas ou le soumettre à un test de réflexe de clignement  pour confirmer qu’il est mort avant de passer à l’abattage d’un autre phoque ».
Dans la pratique, l’abattage se fait dans la précipitation, l’objectif étant de tuer un maximum de phoques en un minimum de temps afin d’éviter que les jeunes se mettent à l’eau.
Par ailleurs, d’après la réglementation canadienne : « Il est interdit de commencer à écorcher ou à saigner un phoque avant d’avoir confirmé sa mort au moyen d’un test de réflexe de clignement ». Là encore, la réalité est tout autre. En 2001, une équipe de vétérinaires a observé la chasse et a examiné les cadavres dépecés. La conclusion de leur rapport est accablante : 42 % des phoques se font dépouiller de leur fourrure alors qu’ils sont encore vivants !
L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), dans son avis scientifique adopté le 6 décembre 2007, précise qu’en ce qui concerne « la vérification de chaque phoque, visant à s’assurer qu’il est mort ou inconscient, il a été estimé que cela n’est pas toujours pratiqué efficacement et qu’il en résulte que les phoques sentent les coups de couteau du dépeçage, avant de perdre connaissance ou de mourir du fait de la saignée ».
Il y a de toute évidence un grand écart entre la théorie, les engagements des autorités canadiennes, et la réalité d’une chasse peu contrôlée et d’une rare cruauté. Partant de ce constat, il convient de renforcer le règlement afin de lui donner les moyens de ses ambitions.

L’EUROPE DIT NON AU MASSACRE DES PHOQUES !


C’est une victoire sur la barbarie, une décision historique, et pour Brigitte Bardot l’aboutissement d’un combat de 30 ans.

Le Parlement européen a adopté, aujourd’hui (5 mai 2009), le compromis européen proposé, par la Commission et le Conseil, interdisant la « mise sur le marché de produits dérivés du phoque ».

Toutefois, les produits issus de « chasses traditionnelles conduites par les Inuits et d’autres communautés indigènes et qui contribuent à leur subsistance » dérogent à cette interdiction. Autre exception, la mise sur le marché, sur une base non commerciale, de « sous-produits de la chasse conduite dans le seul objectif d’une gestion durable des ressources marines »
Pour Christophe Marie, Directeur du Bureau Protection Animale à la Fondation Brigitte Bardot :
« C’est une victoire sur la barbarie, une décision historique qui va bien au-delà de l’interdiction européenne de 1983 qui ne visait que l’importation des fourrures de deux espèces de phoques, âgés de moins de deux semaines. La décision communautaire est légitime car elle répond, d’une part, aux attentes des citoyens européens et, d’autre part, aux objectifs du plan d’action pour le bien-être des animaux qui fixe une nouvelle politique européenne en la matière. »
Appel aux Canadiens
La décision européenne pourrait relancer le débat national sur l’opportunité de perpétuer le plus grand massacre de mammifères marins au monde. La Fondation Brigitte Bardot soutient le sénateur de l’Ontario Mac Harb qui a déposé, en mars dernier, un projet de loi visant à « interdire la pêche commerciale du phoque dans les eaux de pêche canadiennes et mettre fin à la délivrance des permis de pêche commerciale du phoque ». Pour appuyer son projet de loi, le sénateur précise que les coûts, économiques entre autres, de cette activité dépassent les maigres retombées qu’elles occasionnent et que cette « industrie moribonde » coûte très cher au contribuable canadien.
A l’issue du vote, Brigitte Bardot s’est déclarée très émue par la décision européenne : « C’est l’aboutissement d’un combat épuisant, mené sans relâche depuis plus de 30 ans. Ce vote signifie clairement que nous ne pouvons plus accepter l’inacceptable, qu’il s’agisse des phoques massacrés sur la banquise où des otaries en Namibie. Il est urgent de déposer les armes, d’apprendre à protéger et non plus détruire les différentes espèces qui peuplent la planète. »