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Lapins Orylags

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Observez bien cette photo.
A quelques centimètres des lapins vivants (à gauche), les autres sont accrochés à une chaine rotative et sont exécutés.

Le massacre des lapins pour leur fourrure est la branche du commerce global de la fourrure qui croît le plus rapidement ; pourtant, c’est un secteur peu connu. Cinquante millions d’animaux sont massacrés pour leur fourrure chaque année dans le monde, mais ces chiffres n’incluent pas les lapins, car il est difficile d’obtenir des chiffres précis.

Les enquêteurs de CAFT ont infiltré l’industrie de la fourrure de lapin dans les trois pays qui en produisent le plus en Europe (France, Italie et Espagne), ainsi qu’au Danemark. La chaîne de production a été suivie du début à la fin, à partir des vies misérables des lapins en cage jusqu’à la production d’articles en fourrure pour les chaînes de magasins et les défilés de mode.
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40 millions de fourrures de lapins sortent annuellement des abattoirs français pour alimenter le commerce de la fourrure.

En France, plus de 40 millions de lapins vivent en cage, sur un sol grillagé, disposant chacun et durant toute leur vie d’un espace limité à la surface d’une feuille A4 (pas plus que la taille de cette page). Cet environnement dépouillé à l’extrême les prive de leurs comportements naturels : le lapin ne peut se dresser, bondir, ronger, courir, creuser… L’article L214-1 du Code rural précise pourtant : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Dans les élevages intensifs, cette disposition n’est, de toute évidence, pas respectée !

Condamnés dès la naissance

Comme souvent dans les élevages intensifs, les femelles reproductrices vivent un véritable enfer. Les lapines sont isolées les unes des autres et sont inséminées 10 jours après chaque mise bas. Elles donnent naissance à une dizaine de petits par portée, soit plus d’une soixantaine par an. Détenues dans de petites cages, elles souffrent de lésions aux pattes et de déformations du squelette… Environ un tiers des mères meurent chaque année !
Dès la naissance, les petits sont triés, 8 à 9 sont placés avec chaque lapine (au-delà, ils ne peuvent être nourris convenablement). Les malades, les plus petits et ceux décrétés en surnombre sont tués. Les lapereaux sont sevrés et séparés des mères à un peu plus d’un mois.

Très forte mortalité

Le taux moyen de mortalité dans les élevages de lapins de chair est de 26,70 %, cela signifie que plus d’un quart des lapereaux meurent avant d’atteindre l’âge où ils seront abattus (7,50 % meurent entre leur naissance et 35 jours ; 6,60 % meurent à l’engraissement ; 6,50 % sont éliminés à la naissance lors de « l’équilibrage » des nids et 6,10 % sont mort-nés).

Des lapins dopés

La nourriture des lapins reçoit de nombreux compléments en vitamines, minéraux, antibiotiques et autres médicaments… Plus de 100 tonnes d’antibiotiques ont été utilisés en 2006 ! Cette utilisation massive de produits « dopant » n’empêche pas la très forte mortalité des lapereaux en élevages intensifs.

  Un reportage choc

L’association L214 a réalisé une enquête en France extrêmement révélatrice – terrible ! – sur les coulisses de la filière cunicole. On y voit notamment comment les lapins sont entassés dans des cages métalliques, comment ils sont manipulés jusqu’à l’abattoir… Certaines scènes sont insupportables, notamment lorsqu’un lapin s’échappe pour se réfugier sous la chaîne d’abattage. Difficile de regarder ce jeune lapin nettoyer, avec application, son pelage couvert de sang, de découvrir l’horreur qui se situe à quelques centimètres seulement de sa tête, en sachant pertinemment qu’il ne lui reste que quelques minutes à vivre…
En savoir plus sur le site de L214

 L’Europe réagit

En Suisse, de nombreuses grandes surfaces ont retiré de leurs rayons la viande de lapin provenant des élevages français et italiens (en effet, dans ce pays, la législation helvétique impose 1 200 à 1 500 cm² de surface par lapin contre 450 à 550 cm² en France). L’Autriche va plus loin en interdisant, à partir du 1er janvier 2012, les cages en batteries pour les lapins de chair.

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’enquête réalisée par l’association L214, à visionner les différents films mis en ligne et à diffuser largement l’information. Notre but n’est pas de nous focaliser sur une filière mais de rappeler ce qu’est réellement l’élevage intensif, montrer combien les cages ne répondent jamais aux besoins des animaux exploités (pour la consommation, la fourrure ou l’agrément). Après, libre à chacun d’agir en conséquence…

UN SCANDALE : et l’INRA créa l’orylag® !

L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) est un organisme français public sous la tutelle du ministère de la Recherche et de l’Agriculture. Les mots éthique et humanisme étant
bannis de leur vocabulaire, ces laboratoires d’expérimentations financés par l’Etat, donc avec nos impôts, ont passé plus de 15 années de recherche scientifiques pour créer une nouvelle race de lapin : l’Orylag, dans l’unique but d’en faire des manteaux !

Ce « lapin » issu d’une mutation génétique ne possède que du duvet, c’est-à-dire les poils les plus fins du règne animal et d’une densité exceptionnelle. Elevés dans des cages sans jamais voir la lumière du jour, et abattus à l’âge de 18 semaines, les Orylags sont destinés au marché de la fourrure pour être transformés en manteaux, pelisses, parures mais aussi en peluches pour
les enfants. 100 000 peaux en 2006, 120 tonnes de viandes vendues aux grands restaurateurs
qui la servent sous l’appellation « Rex du Poitou ».

L’Orylag est aussi un avantageux substitut à la fourrure du Chinchilla, petit rongeur d’Amérique du Sud massacré pour sa peau jusqu’à sa presque totale disparition. Pour lancer ce nouveau « produit de laboratoire», un concours de jeunes créateurs de mode est organisé en octobre 2003 au Sénat à Paris dont le seul but est de promouvoir la fourrure de l’Orylag. Pour présider ce défilé de dépouilles, les organisateurs ont fait appel à notre cruella nationale : Catherine Deneuve, qui a toujours aimé faire de petits cadavres sa parure préférée, faisant ainsi de l’horreur sa beauté.

Il faut reconnaître que Madame Deneuve, si friande de fourrures, aura sûrement encore besoin de quelques nouveaux manteaux en peau pour lutter